Vaincre la chaleur: Comment les arboriculteurs peuvent repérer, prévenir et traiter le coup de chaleur en hauteur et au sol

août 4, 2025In Santé et Sécurité sur le Chantier9 MinutesArboMedicBy ArboMedic

Pour un arboriculteur, une canicule n’est pas seulement inconfortable; c’est un risque critique pour la sécurité.

Alors que la plupart des gens peuvent se réfugier à l’intérieur pendant l’humidité intense de l’été montréalais, notre métier exige que nous travaillions directement au soleil, en effectuant un travail physique extrême. Ajoutez à cela l’EPI obligatoire (casques, pantalons de sécurité, bottes) et la concentration intense requise pour travailler en hauteur, et il est facile de comprendre pourquoi les arboriculteurs courent un risque élevé d’être sévèrement atteints par la chaleur.

La plus grave d’entre elles est le coup de chaleur. Contrairement à l’épuisement par la chaleur, le coup de chaleur est une urgence médicale qui peut être fatale si elle n’est pas traitée immédiatement.

Voici ce que chaque équipe d’arboriculteurs professionnels doit savoir pour repérer, prévenir et traiter le coup de chaleur sur le chantier.

1. Définir la menace: Épuisement par la chaleur vs coup de chaleur

Il est vital que vous et votre équipe puissiez faire la distinction entre « avoir trop chaud » et une crise potentiellement mortelle.

  • L’épuisement par la chaleur est le signal de détresse de votre corps. Les symptômes incluent une transpiration abondante, une peau froide et moite, des nausées, des étourdissements et des crampes musculaires. Cela nécessite une intervention immédiate (repos et ombre), mais ce n’est pas un coup de chaleur.
  • Le coup de chaleur survient lorsque le système de régulation thermique de votre corps fait défaut. Votre température centrale grimpe en flèche (souvent au-dessus de 104 °F / 40 °C) et votre cerveau commence à mal fonctionner. C’est ici que chaque seconde compte.

2. Repérer les signes: Ce qu'il faut surveiller en hauteur et au sol

En tant qu’équipe disciplinée et axée sur la sécurité, le «buddy system» est votre meilleur outil de diagnostic. Vous devez surveiller vos coéquipiers de près, particulièrement lors de chaleurs extrêmes.

En hauteur, un grimpeur en détresse peut cesser de communiquer, avoir des mouvements erratiques ou sembler léthargique.

Les symptômes « drapeaux rouges » du coup de chaleur incluent:

  • Confusion mentale / Altération de l’état: C’est l’indicateur principal. Surveillez les troubles de l’élocution, le comportement irrationnel, la combativité ou une désorientation profonde.
  • Perte de conscience: Évanouissement ou incapacité à rester éveillé. C’est catastrophique si l’arboriculteur est en train de grimper ou se trouve dans une nacelle.
  • Convulsions: Crises de convulsions incontrôlées.
  • Peau chaude, sèche ou rouge: Bien qu’une victime puisse encore transpirer, sa peau est souvent distinctement rouge, sèche et chaude au toucher.
  • Fréquence cardiaque rapide et emballée: Le cœur travaille trop pour pomper le sang vers la peau afin de se refroidir.
  • Maux de tête intenses et étourdissements.

Conseil de Maître Arboriculteur: Si votre grimpeur cesse de répondre clairement sur l’intercom, ou si ses mouvements changent de manière spectaculaire, traitez cela comme une urgence liée à la chaleur jusqu’à preuve du contraire.

3. Prévenir la crise: Acclimatation, hydratation et « surveillance de l'équipe »

Prévenir la crise: Acclimatation, hydratation et « surveillance de l’équipe »

Stratégies de prévention proactives:

  • Acclimatation (la règle d’une semaine): C’est l’étape la plus critique. Votre corps a besoin d’environ 7 à 10 jours pour s’ajuster aux températures élevées. Lors des premières canicules, réduisez la charge de travail et augmentez les pauses pour permettre aux nouveaux membres de l’équipe de s’acclimater.
  • L’hydratation est non négociable:
    • L’eau: Buvez de l’eau toutes les 15 à 20 minutes, même si vous n’avez pas soif. N’attendez pas de ressentir la soif.  
    • Les électrolytes sont essentielles: Une transpiration abondante épuise les sels vitaux. Incorporez des boissons sportives ou des mélanges d’électrolytes pour maintenir l’équilibre.
    • À ÉVITER: La caféine (diurétique) et les boissons énergisantes riches en sucre, qui peuvent aggraver la déshydratation.
  • Planification de la charge de travail: Dans la mesure du possible, planifiez les tâches les plus lourdes — comme les ascensions complexes et les abattages — tôt le matin avant que le soleil ne soit à son zénith. Réservez les tâches à moindre effort pour l’après-midi.
  • Pauses de repos obligatoires à l’ombre: Ne permettez pas aux membres de l’équipe de sauter des pauses. Le repos doit se faire hors du soleil direct. Dans les chaleurs excessives, la CNESST exige une pause de 15 minutes sur chaque 90 minutes travaillé.  
  • Stratégie d’EPI: Bien que l’équipement de sécurité soit obligatoire, choisissez des pantalons de protection et des chemises légers et respirants lorsque c’est possible. Enlevez vos casques pendant les pauses au sol pour évacuer la chaleur.

4. Traiter l'urgence: Chaque seconde compte

Si vous suspectez un coup de chaleur, il n’y a pas de temps pour débattre. C’est un scénario de vie ou de mort.

Plan d’action immédiat:

  1. Appelez le 911 immédiatement: Demandez au responsable du site d’appeler les services d’urgence. Précisez qu’il s’agit d’une suspicion de coup de chaleur et donnez votre emplacement exact.
  2. Déplacez la victime à l’ombre: Amenez immédiatement la personne dans une zone ombragée.
  3. Défi spécifique à l’arboriculture: Le sauvetage aérien. Si la victime est toujours en hauteur:
    • Activez votre protocole écrit de sauvetage aérien. (Vous en avez bien un d’écrit, de pratiqué et de déployé sur chaque contrat, pas vrai ?)
    • La méthode la plus efficace doit être exécutée sans faille par le sauveteur désigné.
    • Avertissement: Un grimpeur inconscient est beaucoup plus difficile et dangereux à secourir. Vos protocoles de prévention sont conçus pour éviter ce scénario précis.
  1. Refroidir la victime au sol (la rapidité est la clé):
    • Retirez l’EPI: Enlevez immédiatement le casque, le pantalon de sécurité, les bottes et toute couche extérieure lourde.
    • Eau fraîche: Arrosez le corps entier avec de l’eau fraîche (tuyau, vaporisateur ou seaux).
    • Zones cibles: Appliquez de la glace ou des linges froids et humides sur le cou, les aisselles et l’aine — des zones où le débit sanguin est important.
    • Ventilation: Utilisez un ventilateur ou un morceau de carton pour faire circuler l’air vigoureusement sur la peau mouillée afin d’accélérer le refroidissement par évaporation.

Avertissement crucial: N’essayez JAMAIS de forcer une victime inconsciente ou confuse à boire de l’eau. Elle risque de s’étouffer, créant une seconde urgence vitale immédiate (aspiration).

Conclusion: Mener avec sécurité sous la chaleur

En arboriculture, la sécurité ne se limite pas au port du casque; c’est une question de discipline opérationnelle.

Le coup de chaleur est évitable. En reconnaissant les risques, en surveillant vos coéquipiers et en ayant une réponse de sauvetage rodée, vous vous assurez que votre équipe maintient un standard d’excellence, même lors des jours les plus chauds.

Opérez avec Intention. Opérez avec Sécurité.

Privacy Preference Center